TIAD 2016 : ITiocracy ? Interview de Pierre Bonafous, Automic

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Automatisation et désautomatisation : TIAD, l’événément de référence de l’automatisation en France aura lieu le 4 Octobre 2016 à Paris. Rassemblant dev et ops, freelances et étudiants, grandes sociétés et start-up, TIAD propose un véritable voyage au coeur de l’automatisation, animé par des speakers émérites. Parmi ces speakers, nous avons choisi de vous présenter aujourd’hui Pierre Bonafous, Solution Architect chez Automic.

Pierre Bonafous animera l’atelier ITiocracy lors du TIAD :

ITiocracy ? De nouveaux outils engendrent de nouveaux besoins et l’automatisation ne déroge pas à la règle. Catalogue de service, provisionnement automatisé, déploiements automatisés, le confort au-delà des gains de productivité. Vers plus de complexité sans effort !!
L’automatisation des opérations peut être perçue soit comme une libération, soit trop souvent encore, comme une dévalorisation des compétences. La polémique n’est pas nouvelle et ne fait que s’étendre pour impacter toutes les nouvelles activités devenues assez matures pour tomber dans le filet de l’automatisation. Les sujets comme le catalogue de service, le Continuous Deployment, le Continuous Delivery, le Continuous Services, l’IaaS et la concurrence du SaaS accentuent le débat et secouent les organisations informatiques. Loin de transformer les opérationnels en simples exécutants réduits à appuyer sur un bouton, l’automatisation se révèle être une nouvelle discipline de l’IT qui valorise pleinement les équipes. Reste à évaluer les effets positifs sur l’organisation et sur les évolutions métier avec les premiers retours d’expériences.

Quel sera le sujet de votre intervention ?

Je souhaite évoquer l’impact sur les organisations des nouveaux défis liés à l’automatisation. Industrialiser des activités qui étaient jusqu’à présent manuelles constitue un changement de métier. Ceci a pour conséquence une transformation du mode de production, du rôle des collaborateurs, de leurs profils et de leurs compétences. Plutôt que d’exécuter des actions techniques, on va maintenant demander de concevoir des traitements, et d’administrer l’outillage d’automatisation. L’automatisation se révèle dès lors être une nouvelle discipline de l’IT qui valorise pleinement les équipes.

En quoi réussir cette transformation est-elle un challenge ?

Dans tout changement de métier -on peut même parler de rupture- il y a forcément une résistance au changement. Pourtant, cela représente une vraie valeur pour l’entreprise et les équipes en charge de ces outils d’automatisation qui auront des tâches plus intéressantes à réaliser.

Parce que l’on se rend bien compte que les tâches manuelles constituent un goulot d’étranglement et détournent les équipes de leurs missions principales, ces nouveaux outils déchargent les intervenants et améliorent leur productivité. L’automatisation prend un rôle stratégique dans un contexte où la pression des métiers impose une réactivité maximale de la part des opérations informatiques. Il ne semble plus envisageable de continuer comme avant.

Moins de stress, de soirées ou de week-ends passés à travailler, de tâches répétitives, et plus de temps à consacrer à des tâches stratégiques ou à valeur ajoutée. Cet impact sur le bien-être des équipes donne non seulement une impulsion positive à l’entreprise, mais il accroît la satisfaction au travail et la fidélisation. Tout le monde aspire à avoir un but et à apporter une contribution. Lorsque les équipes ont du temps à consacrer à des tâches à valeur ajoutée, elles se sentent reconnues et sont motivées pour se dépasser.

Quelles sont les tendances de l’automatisation ?

Le self-service permet aux utilisateurs finaux, qui ont besoin d’un service, de le commander directement sur un portail (comme on peut utiliser un portail front office pour commander un billet de spectacle ou paramétrer un voyage en ligne). Dans l’IT comme dans les services grand public, le client final est de plus en plus autonome. Un développeur peut ainsi commander directement des machines virtuelles pour tester et développer ses projets. Les nombreuses et fastidieuses interactions avec le service desk qui prenaient en compte les demandes et les traitaient n’ont plus lieu d’être. Aujourd’hui, le traitement est automatisé et un mail avec les informations de connexion est envoyé dès la commande passée.

Cette tendance s’accentue d’autant plus que dans le Cloud, des entreprises comme Google ou Amazon proposent des solutions en libre-service accessibles avec une simple carte de crédit. Les directions informatiques sont plus facilement mises en concurrence avec le Cloud public et doivent donc investir dans l’automatisation pour éviter le développement d’une informatique parallèle (shadow IT) potentiellement hors de leur contrôle.

Comment est perçu ce changement, cette rupture ?

Cette rupture n’est pas perçue de la même façon selon le côté de l’Atlantique où on se trouve. En Europe, on y voit souvent un recul, voir un danger pour la société, tandis qu’aux Etats-Unis elle est vue comme source d’opportunités et de progrès. Ce sont deux visions opposées qui mettent en exergue les différences culturelles.
Ainsi, aux Etats-Unis, on investit beaucoup plus rapidement sur les nouvelles technologies comme Docker alors qu’en France, il peut se passer des mois avant qu’elles ne soient acceptées en production. En revanche, une fois la technologie réputée mature, l’adoption est très rapide.

En quoi l’automatisation est-elle indispensable au DevOps?

DevOps, comme la méthodologie Agile, se base sur des livraisons itératives fréquentes. Pour pouvoir suivre le rythme des livraisons, il est nécessaire de recourir systématiquement à l’automatisation, y compris pour les tests. Si on ajoute à cela la complexité croissante des systèmes et la multiplication des dépendances entre briques applicatives, on comprend vite pourquoi l’automatisation est devenue un des piliers de DevOps.

Quel est l’impact de l’automatisation sur les équipes ?

Le métier des Ops évolue pour devenir fournisseurs d’automatisation, ce qui leur demande une culture technique plus étendue se rapprochant d’un profil d’architecte. Les ops vont devenir des agrégateurs de technologies, à la fois polyvalents et experts sur plusieurs domaines.

Partant de leurs compétences sur un domaine particulier (on parle de compétences en I), on leur demandera de développer une expertise sur les domaines se trouvant en amont ou en aval de leur métier de base  (on parle de compétences en T).

Cette évolution suscite l’émergence de nouveaux métiers et probablement d’un nouveau type de management qui peut prendre la forme d’un Chief Automation Officer (CAO) comme par exemple chez Facebook. Il devra avant tout coordonner les interactions entre les métiers et les équipes de spécialistes tout en définissant une stratégie d’automatisation visant à augmenter la productivité dans un contexte de transformation digitale.

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Le 4 Octobre lors du TIAD, Automic animera également un Trivial Pursuit géant spécial DevOps ! Venez tester vos connaissances  et défendez vos couleurs, Dev ou Ops !

IoT, Automatisation, Big Data, Cloud, DevOps, Désautomatisation… tous ces sujets seront abordés lors du TIAD 2016. Rejoignez-nous !

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