Pourquoi je ne suis pas freelance

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De base je suis bizarre

C’est un constat douloureux, je fais partie de ces gens qui aiment bien le lundi. C’est bizarre et cela demande une certaine technique de ma part le matin car approcher certains de mes collègues à café moins le quart équivaut à faire un câlin à un oursin. Fort heureusement en général vers café et demi l’oursin devient ourson et il est alors tout à fait possible de venir avec enthousiasme interagir avec eux. C’est tout à fait fascinant comme le café provoque des modifications orthographiques, mais nous ne nous attarderons pas dessus dans cet article.

En mission et parfois entre nous, se pose irrémédiablement la question : « et avec tout ce que tu sais faire tout seul, pourquoi tu n’es pas freelance ? » souvent suivi de : « tu te rends compte tout ce que l’entreprise prend sur ton dos ? »

Pour ma part, je suis très content de ne pas être freelance et je suis en outre heureux en ESN. Ouais je vous avais dit je suis étrange.

En fait je ne suis pas bizarre

Plus qu’un désir mercantile, comme beaucoup d’entre vous ce qui me fait lever le matin c’est la sonnerie de mon réveil et les coups de pied de la personne à côté de moi dans le lit afin de me signifier D’ETEINDRE CE #%$! DE REVEIL, le tout immédiatement suivi par la présence sur mon visage des coussinets de mon chat, m’exprimant ainsi qu’il crève la dalle et que j’ai pas intérêt à l’ouvrir sinon il envoie les griffes. 

Bref, je suis content d’aller au travail parce que d’abord là bas personne ne pose ses petites patounes sur mon visage quand il a faim, et ce n’est pas négligeable.

Ma team

En vérité, même si la légende veut que l’informaticien derrière son écran est seul avec une capuche à écrire des lignes de code, nous travaillons rarement seuls. Dans une entreprise, au delà de nos équipes, nous développons une affection à l’égard de celle-ci qui nous amène à porter ses couleurs lors d’événements sportifs ou plus simplement lors de présentation en salon ou événements.

Avoir ce sentiment d’appartenance à une “entité” est impossible en freelance. Certes, nous pouvons avoir l’appartenance à une équipe, mais celle-ci restera éphémère car bien souvent les missions s’enchaînent. Alors comment dans une logique de “service” pouvoir avoir cette attachement à une entité dont nous croyons en ses valeurs ? Pour moi, la seule solution est l’ESN, ou éventuellement le travail en interne.

Mon rythme

Ceux qui ont eu le malheur de me tester sur ce sujet savent désormais que j’aime ce qui est prévu et que les changements de direction impromptus m’énervent (on ne change pas les règles du jeu au milieu Caroline !). J’apprécie la “monotonie” ou à minima “que ce qui est planifié arrive”.

C’est une chose très compliquée à réaliser en freelance, car évidemment le marché est mouvant et il faut continuellement adapter ses plans. En ESN, certes il faut une certaine dose d’adaptation, mais quand dans le planning il y a écrit “Nicolas travaille pour Michel le 12” et bien le 12 je travaillerai pour Michel et puis c’est tout. C’est prévu. Je peux prendre mes dispositions.

Mes minions

C’est un titre un peu péjoratif pour des personnes qui font énormément pour moi, mais j’aime beaucoup toutes les “fonctions support” fournies par la structure. J’apprécie ÉNORMÉMENT de ne pas avoir à gérer ma comptabilité, de ne pas m’occuper du planning inter-mission (ou très peu) de ne pas devoir appeler les clients pour prospecter, de ne pas avoir à gérer les râleurs, de pouvoir avoir du support en cas de question légale. Tout ceci vaut bien quelques piécettes. Ce que “l’entreprise prend” sur ma facturation client pour rémunérer toutes ces personnes me rapporte énormément.

Si j’étais en freelance, il faudrait gérer la prospection (ou alors faire du portage), gérer ma comptabilité, parfois négocier avec les clients sur tel ou tel jour.

Nous tous

Dans une société, on se fait bousculer. Parce que des gens arrivent, partent, reviennent aussi parfois et souvent on est confronté à plus compétent, à des trucs nouveaux. Tout ceci se fait au contact des autres, et ne peut se faire si on ne fait pas partie d’une entité commune.

En freelance, il est très probable que je péréclite. Parce que j’aime le confort, je me reposerai probablement sur mes acquis. En ESN, j’ai la possibilité d’être sans cesse poussé vers l’avant encore et encore.

Pour conclure

Pour conclure, merci d’arrêter de me proposer des missions en freelance sur LinkedIn. Cela ne m’intéresse pas pour le moment. J’apprécie faire partie d’une entité, contrairement à la vision “parasite” que peut représenter pour certains la ponction sur ma facturation la marge de l’entreprise, c’est pour moi comme une symbiose: je permet à D2SI de gagner de l’argent et en retour elle me permet de simplifier ma vie et m’accompagner dans le futur.

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